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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 00:21

 

Depuis 48h, la plupart des médias suivent "en direct" le déroulement des opérations à Toulouse. Radios, télés, sites web, rarement un événement à autant été traité en live. Pourquoi ?

Toulouse : trop de live tue le live ?

Evidemment, les sempiternelles questions commencent déjà à se poser : les médias en font-ils trop sur Toulouse ? Sont-ils voyeurs ? Sensationnalistes ? Mais surtout, fallait-il suivre cet événement en live, en direct quasi intégral ? Car ces dernières 48h ont vu un nombre sans doute inédit ou presque de directs pour suivre l'affaire de Toulouse heure par heure, minutes par minutes, sur tous les médias ou presque :

Capture d'écran 2012-03-21 à 22.44.32

Capture d'écran 2012-03-21 à 21.51.23

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Capture d'écran 2012-03-21 à 21.50.28

Alors, en font-ils de trop comme beaucoup vont être tentés de les accuser dans les jours qui viennent ? Pas sûr. En fait, ce traitement était quasi-inévitable. Pourquoi ? Parce que tous les ingrédients étaient, de manière exceptionnelle, réunis :

La nature même de l'événement le place au cœur de la fameuse grille de proximité, bien connue dans les écoles de journalisme. Et si notre métier est de plus en plus bousculé, bouleversé, il reste malgré tout quelques règles valables comme celle du mort-kilomètres :

loi-de-proximite-par-isabelle-canivet

Mais les événements qui viennent se placer au centre de cette grille, c'est-à-dire des préoccupations et des intérêts de l'audience, ne provoquent pas pour autant un tel déferlement médiatique, et en tout cas pas un suivi en direct sur quasiment tous les médias. Pour cela, il faut encore quelques ingrédients…

Parmi ceux-ci, la période particulière de la campagne présidentielle. Depuis mois, la pression monte et depuis plusieurs semaines, les rédactions nationales tournent à plein régime. Nous sommes non seulement dans une période de surproduction médiatique exceptionnelle, de sur-réactivité des journalistes aux événements, mais aussi de sur-consommation de l'information par les téléspectateurs, les auditeurs et les lecteurs. Lorsque l'offre est exceptionnellement forte et la demande également, rien d'étonnant à ce que la consommation explose.

Mais ce n'est pas la première fois qu'un tel événement survient en France, répliquera le lecteur attentif. Il me fournira alors une transition parfaite vers le pénultième ingrédient de cette formule magique. Si les actes terroristes de Toulouse et Montauban sont rares, ils ne sont pas inédits en France pour autant, et les précédents n'avaient pour autant pas provoqué cette frénésie de directs.
Les attentas de 1995 avaient par exemple faits plus de victimes (8 morts et 117 blessés) et avaient eux aussi été suives d'une traque que l'on n'avait pas suivi minute par minute. Mais depuis, le paysage médiatique hexagonal a beaucoup évolué. A l'époque, les Français n'avaient à leur disposition qu'une radio d'info continue, France Info, et qu'une seule, toute jeune et encore confidentielle chaîne de télé du même type, LC, créé un an plus tôt (le 24 juin 1994).

18 ans plus tard, la donne a changé. BFM TV et I>Télé sont apparues, et les téléspectateurs sont désormais habitués à voir les grands événements traités immédiatement, en direct. Une tendance qui n'a fait que s'accentuer depuis l'arrivée des pure-players et la prise en mains de nouveaux outils permettants aux grands médias de mettre facilement et rapidement en place un traitement live sur leurs sites. Non seulement cela devient techniquement simple, mais surtout, l'attente des internautes semble au rendez-vous.
Il suffisait de se balader un peu ces dernières heures, sur les principaux réseaux sociaux, Facebook et Twitter par exemple, pour se rendre compte que l'écrasante majorité des conversations tournaient autour de cet événement. La demande d'information immédiate était forte, il était logique que les médias y répondent à travers un traitement en direct.

Bousculées, dépassées parfois par les nouveaux traitements de l'info, et notamment par cette explosion récente du live, les médias traditionnels renforcent cette offre. Les journaux papiers se mettent au live sur leurs sites pour ne pas paraître en décalage total avec l'événement à cause de leurs contraintes de production.
Les télévsions, elles aussi, renforcent leur utilisation du direct, domaine où elles ont encore un poids suffisant pour attirer l'attention de leur audience.
Seules les radios semblent pouvoir lutter contre ce déferlement du luve sans avoir a y plonger. De par la récurrence des flash infos, de par ma facilité technique à reprendre l'antenne en cas de rebondissements important, elles sont le seul média traditionnel à pouvoir lutter contre le live des sites d'infos sans abuser du direct elle-même.

Le 19 mai dernier, j'écrivais sur ce blog que 2011 était l'année de l'avènement du live sur les sites d'infos, tout comme l'avait relevé également Capucine Cousin sur Owni.
Toulouse et ce grand direct permanent qui s'est imposé dans quasiment tous les médias depuis 48h confirme cette tendance lourde, à la fois du côté des médias et du côté de consommateurs d'information. Les médias génèrent-ils cette forte demande ou se contentent-ils d'y répondre ? Impossible à savoir, mais la tendance est bien là.
Avec, bien sûr, les risque que cela comporte :  info trop rapidement diffusée, pas assez vérifiée, reprise les uns sur les autres, manque de recul, course au témoignage "inédit" de plus en plus éloigné de la source, angles de plus en plus tirés par les cheveux pour se démarquer des concurrents...

Etait-ce les lives de trop ? Trop de direct tue-t-il le direct ? Impossible de répondre à cette question, il est trop tôt pour tirer le bilan du travail effectué ces dernières heures. Il faudra également regarder de près la réaction de l'audience pour savoir si celle-ci a atteint un trop plein, une saturation de traitement direct.
Globalement, même s'il y a bien eu quelques erreurs ici ou là, comme celles relevées sur BFM TV ou le Huffington Post par Olivier Tesquet pour Télérama, on peut plutôt considérer que les médias français ont évité les sorties de route trop voyantes et dont personne n'est à l'abri dans l'exercice du direct. Bien sûr, l'effet grossissant provoqué par un tel nombre de directs sur autant de supports en même temps amènent à saturation. Mais nous étions là dans une configuration vraiment exceptionnelle.

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Published by Neo_igs_police - dans Affaire Merah
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  • Ce jour arrivant à  la soixantaine, j'avais un idéal de vie, débutant comme secouriste, puis Pompier de Paris, Policier à 20ans, poursuivant mes études pour ma carrière, puis....
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